Le futur de l’emballage : pistes et solutions concrètes
Cet article est un résumé de l’atelier animé par Sylvie Droulans, Directrice de CONSOMaction lors de la 9ème journée de réseautage bio du 10 février dernier.
Quel est le meilleur déchet d’emballage ?
Pour savoir comment agir il faut repartir du concept de base de la hiérarchie des déchets. Grâce à l’échelle de Lansink selon laquelle il faut d’abord prévenir, c’est-à-dire éviter les déchets, grâce au vrac par exemple. Ensuite on va réutiliser, via le réemploi des emballages et ensuite seulement vient le recyclage. Ces 3 pratiques font partie de l’eco-conception qui seront abordés dans cet article.
Un nouveau règlement européen pour réduire les déchets d’emballage
La Belgique est bon élève en matière de recyclage des emballages MAIS de manière générale aujourd’hui on produit toujours plus et trop de déchets. C’est dans ce contexte que l’Europe prend des mesures à travers un règlement sur les emballages et déchets d’emballages : le PPWR qui entre en vigueur en août 2026. « Celui-ci aura des implications importantes pour les entreprises à travers toute la chaine de valeur et affectera probablement les opérations de votre organisation. »
| 4 grands axes : | Dates clés : |
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Quelques changements qui arrivent d’ici janvier 2030
- Tout ce qui est superflus ne sera plus possible. Ex : le carton autour du tube de dentifrice.
- Les emballages plastiques devront avoir un % min de matière recyclée.
- Objectifs de réduction des déchets ménages.
- Obligations de réutilisation et recharges. Ex : +10% d’emballage de réemploi pour les boissons.
- Objectifs de réutilisation pour les emballages de transport. Ex : palettes, seaux, films plastiques etc. 100% réutilisables entre 2 sites, qu’ils soient dans le même pays ou non.
- Obligations d’informations sur les emballages : identifier les infos de tri, de quoi est composé l’emballage, comment le trier, ranking en fonction du type d’emballage pour que le consommateur puisse choisir au moment de l’achat, réemploi avec la notion de logo EU commun qui aujourd’hui n’est pas obligatoire à mentionner.
- Pour les magasins de + de 400m², 10% de la surface devra proposer des stations de recharges pour les produits alimentaires et non alimentaires.
Tour d’horizon des options qui s’offrent à vous
Des options existent pour répondre à ces réalités et à l’image que vous voulez donner de votre marque, mais c’est aussi l’occasion de saisir l’opportunité de faire des économies de taxes ! En effet, vous ne devez pas payer certaines taxes d’emballage s’ils permettent le réemploi.
PREVENTION
La prévention c’est être sur le marché du vrac, qui existe sous de nombreuses formes différentes, avec diverses innovations comme la bière pression en vrac de jean bouteille, des confitures en vrac, des fontaines pour produits ménagers avec détection optique plutôt que gros bidons plastiques, …
| Le vrac vu par Nectar&co
Nectar&co a créé une machine pour pouvoir distribuer du miel liquide, avec un maintien de la température. Mais ce n’est pas tout, au niveau logistique l’entreprise a créé une boucle fermée : le magasin commande, Nectar&co livre en seaux, qui seront ensuite placé dans un sac en papier lui aussi fourni lors de la livraison, pour pouvoir ensuite les récupérer et être nettoyés dans un centre adapté avant d’être réutilisés. Ce sont 100 tonnes de verres évités et l’achat de 2.000 seaux qu’il va falloir commencer à changer. Aujourd’hui, la machine-distributeur est aussi utilisée pour d’autres produits comme du tahini, des pâtes à tartiner, … L’entreprise s’occupe des machines pour l’entretien etc. C’est ce qui a d’ailleurs été leur levier de croissance en 2019. Grâce à ces fontaines à miel, elle a pu développer une filière vrac. Nectar&co propose également une motte de miel belge qui peut être coupé en tranche, tellement celui-ci est condensé étant donné sa composition. |
RECYCLAGE
Ici est abordée la notion de « Design for recycling » qui est une « approche stratégique de conception d’emballages visant à faciliter leur recyclage en fin de vie ».
Pour faire un choix éclairé il faut que le producteur de l’emballage lui-même sache de quoi est réellement composé son emballage et s’il va pouvoir être recyclé. En effet, il est parfois compliqué de savoir ce que notre emballage va devenir après.
Dans tous les cas, on évite :
- Les barquettes noires parce qu’elles sont chargées en noir de carbone et les machines de tri ne savent pas lire cet emballage, qui devra donc être brulé.
- Le plastique recyclé quant à lui n’est pas encore autorisé pour l’alimentaire.
- Le film plastique PET très fin peut être une bonne idée mais aujourd’hui aucune usine n’est capable de la recycler.
- Les cartons avec un film plastique à l’intérieur ne sont pas recyclables.
- Concernant les barquettes en bois il n’y a pas de solution concrète sur le marché pour les recycler à l’heure actuelle.
Design for recycling : conseils
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RÉEMPLOI
Fait intéressant selon une étude de l’ADEME en 2025 : à partir de 4 utilisations, les bouteilles et pots en verre réutilisables sont plus intéressants que ceux à usage unique et ce quelle que soit la distance parcourue.
Le réemploi ne concerne pas que le verre, il se développe aussi pour le plastique mais demande beaucoup plus de recherche et développement et prend donc du temps.
Des solutions se développe pour le film plastique autour des palettes par exemple, qui peut être remplacé par une solution avec des sangles.
| Le réemploi vu par la Bocalerie de la Fabrique Circuit-court
La Bocalerie propose, entre autres, un service de lavage et consignes de bocaux. Pour cette activité, la coopérative a rationnalisé le nombre de bocaux à mettre sur le marché pour avoir un choix limité de formats et une harmonie des prix de consigne. Le but est de pouvoir rassembler le retour avec nettoyage et re-dispatcher facilement ensuite. L’objectif est que le prix de service soit inférieur au prix que le producteur payerait pour du jetable. De plus, il ne doit pas stocker, il peut être livré régulièrement avec la quantité dont il a réellement besoin. Aujourd’hui, 80% de ce qui est mis sur le marché est récupéré et lavé. Autre info positive : pendant la guerre en Ukraine, grâce à son stock la Bocalerie a pu faire tourner la boucle et fonctionner. |
Conclusion
Par où commencer ? Faire un audit de vos emballages, ce qui est réaliste ou non, etc. Vous pouvez d’ailleurs contacter Consomm’action pour être aiguillé. Ensuite, tester pour vous rendre compte de ce qui fonctionne ou non. Et finalement, déployer la solution qui vous convient le mieux.
Le vrac et le réemploi ce sont des investissements stratégiques. N’attendez pas que la règlementation vienne à vous !
| Pour choisir vos étiquettes rendez-vous sur le site de DiversiFERM qui vous informe sur les solutions possibles en fonction de vos besoins. https://www.diversiferm.be/wp-content/uploads/2026/02/RDVD2026-Quel-type-detiquette-choisir-en-fonction-du-conditionnement-et-du-mode-de-conservation.pdf |

